24 mai 2020 : Journée de la visibilité pan (pansexuelle et panromantique)

pan - nous ne sommes pas invisible

Initialement débutée le 24 mai 2015 sur Tumblr

L’inter LGBT et Bi’Cause préparent une vidéo d’interviews qui sera diffusée sur les réseaux sociaux et accessible sur nos sites.

Elles lancent un appel à témoignages écrits sur la pansexualité et le panromantisme. Si des personnes souhaitent partager leur témoignage en contribuant à cet événement en ligne, elles sont les bienvenues, si possible avant le 22 mai

Appel à témoignage

pan - nous ne sommes pas invisible

En prévision de la journée de visibilité pan du dimanche 24 mai 2020, l’Inter-LGBT et Bi’Cause lancent un appel à témoignages écrits sur la pansexualité et le panromantisme. Si des personnes souhaitent partager leur témoignage en contribuant à cet événement en ligne, elles sont les bienvenues et peuvent envoyer leurs contributions à la Délégation de l’Inter-LGBT sur les questions Bies et Pan, à l’adresse : elena.mascarenhas@inter-lgbt.org.

Des témoignages seront alors publiés sur le site de Bi’cause (http://bicause.fr/) pour la journée de Visibilité, mais aussi par la suite.

Possibilité de témoigner anonymement. Précisez dans votre message si vous souhaitez qu’apparaissent votre prénom, un pseudo, des caractéristiques (« femme, 30 ans », « homme trans 45 ans »…), ou rien du tout !    

Proposition de thèmes à aborder dans vos témoignages :
•    Comment la personne se définit ? Que signifie pour elle d’être pan ?
•    Quelle a été la démarche personnelle ? Un processus long ? Des questionnements ? autre ?
•    Y a-t-il des discussions avec des personnes proches ? Font-elles preuve d’ouverture, de compréhension, ou non ?
•    Une ou des revendications à mettre en avant pour les personnes Pan ?
•    Autre/s élément/s.

Au plaisir de vous lire,
Amitiés,

Elena Mascarenhas,
Inter-LGBT, Délégation Bi, Pan et +

Témoignages en vidéo

L’association Bi’Cause et l’Inter-LGBT célèbrent la journée de la visibilité Pan avec des témoignages de militant·e·s de l’association Bi’Cause sur le thème de la pansexualité et du panromantisme.

Témoignages écrits

Anomyme 1

Comment la personne se définit ? Que signifie pour elle d’être pan ?

En ce qui me concerne, je suis déjà attiré par une personnalité, un individu et par une expression de féminité qui peut être bien sur exprimé par une femme cisgenre, une femme transgenre, un homme cisgenre ou un homme transgenre ou une personne intersexe

Quelle a été la démarche personnelle ? Un processus long ? Des questionnements ? autre ?

Pour se connaître, il faut déjà recueillir des éléments de compréhension et je ne les ai eus que depuis peu, avec l’arrivée de forum, de site internet, de FB entre autre. Et des témoignages qui permettent de se situer aussi

Y a-t-il des discussions avec des personnes proches ? Font-elles preuve d’ouverture, de compréhension, ou non ?

Difficile pour nombre de personnes de comprendre cette notion de pan, souvent je dis que je suis une femme transgenre lesbienne, c’est plus simple. Quand je sens que les personnes sont assez ouvertes, je me lance à leur expliquer ce qu’est être Pan, que le corps ne fait pas tout dans une relation

Une ou des revendications à mettre en avant pour les personnes Pan ?

Laissez nous vivre notre sexualité comme nous le ressentons !

Vivi

J’ai deux raisons de témoigner pour la journée de visibilité pan.
D’abord, parce que je crois profondément qu’il faut donner l’écho maximal à cette journée, et à la cause de la pansexualité.
Ensuite, parce que je connais plusieurs amiz de l’association qui se sont d’abord dit bi, et maintenant se définissent plutôt pan. Une même, devant une trentaine de participant·e·s en Bi’Causerie, se définissait ainsi il y a 6 ans : « en fait, je suis attirée par une personne, pas par son genre » – définition que nous avons reprise pour la pansexualité et le panromantisme.
« Ça y est, tu franchis le pas ? »
Ben non.
J’avoue que ce serait séduisant. Bah, peut-être dans quelques dizaines d’années… Je pourrais me dire pan NB, prononcez « pan en’ bi », mais pas « pan and bi », hein… Ah oui, faut que je précise, mon identité de genre est NB, non binaire…
Mais vraiment, c’est bi qui me décrit le mieux. Pas parce que je serais porté·e vers les femmes et les hommes, point final. Certes, quand j’étais jeune il y a quelques années, j’avais rempli la grille de Klein[1], et je me trouvais diagnostiqué·e en équilibre presque parfait…
Mais j’ai de tout temps été attiré·e par les personnes d’apparence « ambiguë », androgyne – et mes affinités étaient plus grandes avec les femmes, les apparences féminines.
Cependant, pourquoi le nier, me retrouver en compagnie d’un bon amant peut m’être très satisfaisant.
Toutefois la séduction n’est pas pareille. Un peu comme si j’avais coupé avec la gent masculine, le rôle social qu’elle croit devoir jouer…
Attiré·e par les femmes, les personnes non binaires, et ayant des rapports avec des hommes cisgenres… Y a tout l’éventail. Large. Exhaustif. C’est une des définitions du préfixe « pan ».
Oui, mais je ne colle pas avec celle que Bi’Cause a choisie. « Sans considération de genre » ? En fait, je le dis, le genre m’importe, dès le/au premier coup d’œil.
Ma démarche ne date donc pas d’hier. Ma bisexualité s’est affirmée il y a à peine plus de 40 ans. J’ai encore un peu de temps pour la pansexualité…
Je n’ai pas eu de problème avec mon entourage en la matière. Peut-être une partie de moi-même est-elle encore un peu dans l’incompréhension de ma propre pansexualité ?…
En tout cas, il me semble que dans l’affirmation « grand public », bi est ce qui me va le mieux. Je porte plus facilement le drapeau bi, les badges afférents, dans ma vie de tous les jours, dans différents cercles de vie, dans les manifs généralistes.
Mais quand l’inter LGBT rajoute le drapeau pan, quand je peux expliquer notre fond de logo avec les couleurs bi et pan reliées, fondues-enchaînées, ce sont des vrais progrès pour nous à Bi’Cause, pour nos partenaires et amiz, pour les jeunes qui ont un peu plus d’avenir que moi devant leurs yeux.
Il m’est arrivé d’en expliquer les subtilités à un responsable d’une grande entreprise, un 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, lors d’une initiative LGBT inter-associative qui se tenait
au siège social. Il a tenu ensuite à les partager avec sa directrice. Je ne sais pas si la pansexualité, avec en miroir notre définition de la bisexualité, a été définitivement intégré. Mais il était fier d’avoir découvert un nouveau pan de la réalité, et moi d’y avoir contribué.
Développons la visibilité, partageons l’affirmation pan, et demain ou le jour d’après, le Conseil de l’Europe intégrera la pansexualité comme il a inclus la bisexualité[2].
Il reste quelques murs restent à abattre, ceux qui matérialisent des frontières séparées (ici les femmes, là les hommes) ; il reste à desceller ces briques humaines et prétendument différentes, dont des chefs de chantier se sont servis pendant des décennies pour construire (ou rafistoler) nos sociétés normatives.
Il nous reste aussi à tout faire pour dépasser la binarité – caricaturale – qu’entretient la définition initiale, grammaticale, académique de la bisexualité.
Vi-Vi

[1]https://fr.wikipedia.org/wiki/Grille_d%27orientation_sexuelle_de_Klein
[2]Résolution 1728 du 29 avril 2010 http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp?fileid=17853

Christian

Comme il faut bien partir de quelque chose pour se situer et donc se définir pour exister, tant il est vrai que la bi/pan sexualité est invisible et même invisibilisée, je dirai qu’être bi/pan sexuel c’est tout “simplement” l’attirance pour les personnes des 2 sexes. Même si il y a de multiples façons de la vivre il y a une identité bi/pan sexuelle et non des bi/pan sexualités car cela fonde l’identité à partir de laquelle on peut se revendiquer et donc exister, quitte après à s’en détacher pour pouvoir mieux la dépasser. 

La bi/pan sexualité n’existe pas pour certains car soit on est hétéro soit on est homo. 

C’est d’autant plus faux car quand on est bi/pan et qu’on est avec un/une partenaire on n’est pas à ce moment là ni hétéro ni homo ni même dans une relation hétéro ou homo car on reste et on se ressent toujours bi et c’est même le cas quand on est avec personne. C’est une relation fille/fille, garçon/fille, garçon/garçon qui ne peut être qualifiée d’hétérosexuelle ou d’homosexuels car à aucun moment on ne cesse d’être bi/pan. 

L’antagonisme ancestral entre hétéro et homo s’arrête si je revendique pour eux l’identité MONOSEXUELLE. D’ailleurs les hétéros et les homos seront peut-être étonnés de réaliser qu’ils ont cette identité en commun. Et si il y a monosexualité il y a bisexualité et donc la bi/pan sexualité existe bel et bien. 

Alors maintenant la question n’est plus t’es hétéro ou homo ? mais t’es mono ou bi ? 

Anomyme 2

Mon cheminement que je vais ensuite préciser en tant que personne pan se résume très grossièrement ainsi : 1) j’ai fait le début de ma vie en tant qu’hétéro, 2) puis en passant par un questionnement très bref sur le lesbianisme, 3) en m’arrêtant un temps sur la bisexualité, 4) et enfin aujourd’hui à me dire pan, à aimer une personne de manière pan telle que je l’entends et tel que je le présenterai dans ce témoignage. C’est au travers le récit d’une soirée décisive que j’ai vécue, que je peux au mieux représenter mon cheminement.

Faut déjà savoir qu’au début, je ne considérais pas les gens par leur genre, mais que ça tombait comme ça que lorsque j’avais une relation c’était avec un homme, donc je me pensais hétéro.

Lors d’une soirée où je m’étais rendux avec mes doutes sur mon hétérosexualité, j’avais espoir que juste quelque chose, un sentiment, un regard, une émotion, quelque chose se passe pour venir confirmer, ou au contraire contredire, ce sentiment nouveau libéré de mes entrailles qui disait « en fait je m’en fous, j’aime chez une personne qui elle est, pourquoi je passerais à côté d’une personne incroyable juste parce qu’elle n’est pas un homme ? », et « je peux très bien désirer quelqu’ane d’autre qu’un homme ».

J’allais découvrir que j’avais laissé de côté une partie de moi même. Ce soir-là, je marchais dans un couloir du bar, j’ai senti que quelqu’ane me touchait la main avec hésitation, comme une sorte de demande de permission. J’ai remonté mon regard le long de son bras, et je me suis aperçu qu’al s‘agissait d’une femme (ou du moins, j’ai à cette époque encore cru pouvoir en préjuger). Elle a commencé à relâcher ma main, sûrement devant la drôle de tête que je devais faire. Mais je faisais une drôle de tête parce que dans mes pensées, c’était le bazar. Je me rendais compte que, si j’outrepassais cette habitude intériorisée qui me disait « lâche sa main, c’est une fille, pas pour toi », alors je ne savais tout simplement pas si moi j’en avais envie. J’avais cette pensée qui pour la première fois se demandait « tiens mais est-ce que ça pourrait me plaire en fait ? ». Sentant monter une certaine envie, j’ai laissé mon instinct me guider, pour essayer quelque chose. Ce fut une libération de me renvoyer à ce que j’avais en désir en moi, depuis probablement longtemps, mais que j’avais peut-être mal interprété.. J’ai donc raffermi ma poigne et cette femme m’a sourie, elle m’a emmenée danser, elle m’a embrassée. Chamboulée, j’ai rapidement quitté la soirée, et suis rentrée chez moi, en me demandant bêtement si j’étais lesbienne. J’ai cru pendant 2-3 jours que cette expérience signifiait que je m’étais trompée, que j’étais homo.

Mais je ne pouvais pas me dire lesbienne, parce que j’avais aimé, vraiment, des hommes. J’avais particulièrement eu une relation superbe avec un homme. Alors j’étais un peu pauméx à chercher bêtement à trancher vainement si j’étais hétéro ou homo.. comme si j’avais pas le droit de pouvoir aimer des personnes de genres différents, comme s’il fallait trouver l’erreur de raisonnement.

J’avais encore un cache à enlever : je peux être ni hétéro, ni homo. Quand je me suis rendu compte de cela, j’avais seulement entendu parler de bisexualité, donc je me suis déclaréx personne bie.

Pourquoi j’ai fini par me dire pan, c’est que y a vraiment l’idée de l’inclusion de tout genre, plutôt que « bi » qui sonne comme si on considérait toujours les personnes de part et d’autre de deux genres. Bien sûr, il y a des personnes bies qui ne pensent pas cela. Mais pour ma part, sur le plan sonorité, personnellement ça me pose vraiment problème « bi-». Pour ces raisons en particulier, dire que je suis pan me semble bien. J’en suis certaine depuis un jour précis. J’ai rencontré une personne au visage magnifique dans la rue. Je n’avais aucune idée de son genre, d’ailleurs qui peut préjuger du genre des personnes, mais là en l’occurrence aucune formulation inconsciente n’arrivait à me faire pencher pour un genre plutôt qu’un autre. Une énergie particulière se dégageait et c’était tout ce qui importait. Et ça aurait pu être une femme, une personne non-binaire, un homme, une personne agenre, peu importe, cette personne était superbe. Apprendre son genre n’aurait pour moi pas changé son aura.

Pour moi, être pan signifie de ne pas se mettre de barrière (de genre) avant même de se questionner sur son ressenti pour une personne. Si mon ressenti m’avait dit que effectivement, je n’avais de sentiments que pour des hommes, et benh pas de problème, c’est comme ça. Et ça voudrait pas dire que tous les hommes me plaisent, juste un d’entre eux. Mais en l’occurrence, en enlevant ma barrière inquestionnée d’hétéro, j’ai vu que je pouvais simplement accueillir les personnalités et corps telles qu’als sont et trouver le bonheur avec quelqu’ane, peu m’importe son genre.

Pour ma part, je vis pan, c’est-à-dire sans donner de prépondérance du genre dans le jugement par lequel je me fais un avis sur une personne. J’aime pan, car j’aime une personne géniale et charmante. Son genre ? Si peu de choses par rapport au reste !

Les difficultés d’être pan me semblent proches de celles que rencontrent les personnes bies :

  • « Ah c’est bien tu te dévergondes, maintenant que t’es bie tu vas pouvoir aller coucher avec plein de gens ».→ Benh non, j’ai pas dit que j’avais envie de coucher avec tout le monde en fait.. Juste que mon attirance ne s’arrêtait pas à la limite du masculin.
  • « Si tu cherches un plan à 3 je suis dispo lol ». → Hyper gênant de la part d’une personne censée être mon ami… Puis bref, les plans m’attiraient pas avant, c’est pas être bie ou pan qui va le changer.
  • « Mais du coup tu ne te satisfais pas que d’un homme ou que d’une femme ? » → J’étais bien heureuse avec mon ex qui était un homme, je vois pas en quoi être bie ou pan ferait de moi une insatiable personne … Etre pan c’est juste que je ne porte pas attention au genre de la personne avec qui je veux partager ma vie.

Bref, ces clichés sur les personnes bies et pan sont bien tristes. Moi je suis pan, ET je suis réservéx en relation, ET je suis romantique, ET je ne couche pas avec tout le monde, ET je suis fidèle, ET je m’en fous de tes attributs sexués ou de ton genre. ET je dis ça, mais même une personne qui coucherait avec plein de gens, ou aurait je ne sais quel mode de vie, beh on s’en fout, laissons les personnes être qui elles sont, faire comme elles aiment, dans le respect et la confiance mutuelle.

J’ai participé à un événement organisé par Bi’Cause, et à partir du moment où j’ai vu autant de gens si ouverts et compréhensifs sur ces questions, cela m’a rappelé que je ne devais plus m’attarder avec des personnes qui m’imposent leur vision de la vie, encore moins sur des questions qui me sont personnelles et ne les concernent pas.