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Anonymat, pseudo, surnom – Défis d’expression des 20 ans#10

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Dans le cadre du défi d’expression pour les 20 ans de Bi’Cause, pour le mois d’octobre nous vous proposons le thème “Anonymat / pseudo / surnom : Pourquoi avoir (ou non) un autre prénom ou une autre identité que celui /celle de l’état-civil ? » Nous attendons vos proposition que vous voulez nous faire découvrir.

Vous retrouverez la présentation de l’événement sur la page http://bicause.fr/un-nouveau-projet-pour-2017-defis-dexpression-des-20-ans/

Les contributions seront publiées sur :

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À vous de jouer.

Les contributions

 

Par Gabriel-le

Vu mes prénoms et nom de l’état-civil si je veux être anonyme, je n’ai rien à faire à part les garder et utiliser, car je suis « protégé »/masqué par le grand nombre d’autres individus ayant cette combinaison. On est quelques milliers donc lequel parle si l’on n’a pas d’autres indices d’identification (contexte, professionnel…).
Choisir un pseudo est donc une façon de me démarquer, de me mettre en avant, d’être identifié et reconnu-e.

J’avais lu dans un article ou interview sur Anne Rice (mais je n’en trouve plus la source) que comme beaucoup de personne aux USA elle avait utilisé diverses façons d’être appelée dans sa jeunesse. Vrai ou faux, en fait ce n’est pas la question, ce qui m’importe dans cette histoire est la capacité des gens à utiliser différents prénoms selon les circonstances et être reconnus comme tels par les autres.

Pour ce qui est de l’anonymat, un pseudo utilisé plusieurs fois ne protège pas. Il masque temporairement les choses jusqu’à ce qu’il soit dévoilé (in) volontairement. Ensuite, on peut facilement retracer tout ce que cette personne a fait par les moyens habituels. N’oublions pas que sur internet il n’y a pas que le pseudo/nom qui vous trace, mais aussi vos adresses IP et autres éléments techniques.

Enfin le temps passant, j’assume de plus en plus d’être de genre fluide et mon prénom est tellement genré masculin que cela ne le permet pas bien. Aussi mon prénom choisi porte dans son écriture (et non la prononciation) cette ambiguïté qui me plaît.
Et sans faire de changement à l’état-civil j’ai demandé et obtenu que mes collègues de travail utilisent ce prénom d’usage dans le quotidien.

 Par Vincent-Viktoria

Ce doit être bien de pouvoir baigner dans l’anonymat.

Je sais pas faire…

Du coup je suis presque « interdit.e » de réseaux sociaux, parce que je ne suis pas sûr.e de pouvoir bien cloisonner les comptes. En vrai, le plus dur serait aussi pour moi de ne pas me noyer dans les multiples sollicitations, ou de ne pas m’énerver quant à des propos que je trouverais débiles…

Donc, pseudos, pas vraiment.

Diminutifs ? Pas bête, j’en ai déjà eu un (chut, c’est secret, on m’appelait Vinçounet quand j’étais môme). Mais en fait, j’utilise assez peu les diminutifs, sauf si on me le demande expressément. Il y a un avantage au diminutif, quand tu veux montrer que tu es vraiment fâché.e à une personne que tu nommes en général ainsi, tu l’appelles de son ou ses prénoms complets, le résultat est saisissant…

Donc je noircis des lignes pour dire que je n’ai rien à dire…

Ah si, j’aime bien mon prénom d’état-civil, Vincent, mais en français il n’est pas féminisable. J’aime moins mon 2e prénom, Marie, moi qui ne suis ni vierge, ni mater dolorosa ! Le 3e n’est pas plus utilisable dans le but cité, Bruno, ça donnerait Brunette avec mes cheveux blancs… Pff, ridicule.

J’aime bien mon prénom, alors pourquoi en trouver un autre ? Parce que dans les soirées trav’ trans, avec les copines (ou copains) trans, parce que c’est une partie de ma personnalité, un prénom féminin, ça peut aider. Alors, accrochez-vous…

1) Vincent vient du latin vincens, celui qui est en train de vaincre. Dans la même racine, on a aussi Victor, le victorieux, celui qui a vaincu, donc… Victoria, celle qui a vaincu.

2) Qui a vaincu quoi ? Simple : elle s’habillait avec ses vêtements et sous-vêtements féminins dans la plus stricte intimité – son double masculin était au courant, et ses copines et compagnes successives aussi ; jusqu’au jour où grâce à sa dernière chère et tendre, elle s’est retrouvé.e d’abord en soirée, puis en Marche des Fiertés, puis en manif, puis au festival d’Aurillac, puis… quasiment tout le temps avec ses vêtements, achevant sa transition… vestimentaire. Donc elle a mis k.o. sa timidité, ses fantômes de la nuit, pour se sentir bien en plein jour, et quasiment tous les jours.

3) L’assimilation Vincent-Victoria était née, et puis, le film Victor Victoria est un des grands moments du cinéma de la fin du siècle. Mais, même de qualité, c’est un remake, comme on dit à l’Académie, d’un film allemand du début du parlant qui a comme titre Viktor und Viktoria. En plus, s’éloigner de la référence à cette vieille chouette de reine anglaise, responsable morale des souffrances d’Oscar Wilde et tant d’autres… Qui plus est, le k (et j’en suis un, de cas!) sonne germain, et je suis un peu cousin, même si je suis né.e à Mulhouse la francophile. Bah, brouillons les pistes.

D’ailleurs, pour certain.e.s, le message est un peu brouillé, donc je réussis mon coup : « je suis Vincent-Viktoria , mes habits sont plutôt ceux de Viktoria, mais si vous me connaissez comme Vincent, vous pouvez continuer, parce que, en fait, ça m’est assez indifférent, c’est comme vous voulez. Si vous hésitez, je vous propose aussi Vi-Vi, Vik, V. ». Dire cela en entamant une intervention devant 50 ou 200 camarades, hors milieu LGBT, cela a son charme…

« Alors, Monsieur l’officier d’état-civil, quand accolerez-vous mon 2e prénom et reléguerez les deux autres en position subalterne ? Comment, ça brouille le genre ? Vous m’étonnez, ce n’est pas du tout mon genre, la brouille ».

Hum.

Autres contributions

 

à venir…

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