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Bi’Causerie – Cinéma pornographique LGBT et construction individuelle de soi ? (première partie)

Compte rendu de la Bi’Causerie du 13/10/08
Cinéma pornographique LGBT et construction individuelle de soi ? (première partie)

(finalement, il n’y a pas eu de deuxième partie)

 

** I – Histoire de la pornographie LGBT

La préhistoire du film porno gay :

  • la place de l’homosexualité dans les films clandestins (stag movies) tournés dans les maisons-closes
  • l’homo-érotisme crypté des documentaires photos « sportifs » ou « médicaux » à destination des communautés gaies émergentes dans les grandes villes occidentales
  • le cinéma gay underground des années 1950, 1960 et 1970

La naissance du gay porn aux Etats-Unis au tournant des années 1970 :

  • une nouvelle manière de filmer l’homosexualité
  • acteurs, réalisateurs et films phares de l’époque

La lente importation du film porno gay en France des années 1970 à 1990 :

  • la transformation du contrôle étatique de la pornographie (loi dîte « X » de 1975, obligeant la diffusion restreinte au cinema X et sex-shop)
  • la transformation des représentations de l’homosexualité masculine dans les années 1970 (de clichés hétérosexuels dévalorisants vers une représentation explicite et affichés des sociabilités subculturelles gaies, par des réalisateurs gays, pour un public gay (Jean Genet, Lionel Soukaz)
  • années 1970 (Norbert Terry), années 1980 (Jean-Daniel Cadinot), années 1990 (Jean-Noël René-Clair)

La question de la représentation des non-blanc-he-s dans le porno et en particulier dans le porno gay. Du Latino Fan Club aux Etats-Unis dans les années 1980 aux Studios Cité Beur en France dans les années 2000.

Du film « pseudo-lesbien » par et pour les hommes au « porno gouine » par et pour les lesbiennes : le combat pornographique des lesbiennes aux Etats-Unis dans les années 1980, à la fois contre un univers pornographique saturé de « fausses lesbiennes » (construites par et pour un regard hétéro) et contre les féministes anti-pornographique (qui à cette époque militent pour le renforcement du contrôle étatique sur le porno)

Des films trans MTF (Male-To-Female) par et pour les hommes hétéros aux films FTM (Female-to-Male) à destination des personnes trans et plus généralement des populations LGB. L’exemple de l’acteur et réalisateur Buck Angel. Retour sur l’Existrans et sur la place du « T » dans le ? LGBT ?. La perception des personnes trans par les hétéros, les gays et les bisexuels (il n’y avait pas de bisexuelLE présente à la bi’causerie).

** II – Les pornographies non hétérosexuelles et leurs critiques politiques

Critique de la domination masculine dans le porno :

  • domination de genre : finalement, l’alternance des rôles pénétrant/pénétré dans les films pornos bi ou gay, a participé à la déconstruction de la domination masculine de genre. Dé(hétéro)centrage du problème de la domination de genre.
  • attitude virile stéréotypée et rédutrice des acteurs noirs et arables cantonnés à des rôles actifs : les tournages « Cite Beur » ont évolué vers une réversion des rôles pénétrant/pénétré

Les relations entre critique féministe et pornos LGBT : tous les films pornos sont-ils vraiment « pareil » ? Deux mouvements féministes s’affrontent : les antisexistes et anti-pornographie, face au pro-sexe. Pour le premier, la pornographie n’est produite que par les hommes pour les hommes qui légitime les inégalités de genre. Le second avance au contraire que toutes les pornographies ne sont pas hétérosexuelles, et invite à reformuler la critique féministe depuis des points de vue minoritaires rarement pris en compte (vraies lesbiennes, actrices non-blanches).

La question de la représentation de rapports sexuels non-protégés dans les films pornos. Les controverses entre associations de lutte contre le sida (notamment Act-Up) et les studios de production porno gay autour des films bareback.

** Autres thèmes abordés au cours de la séance

La question des « effets de la pornographie sur les comportements ». Le traitement médiatique du « problème » de la consommation de porno. La figure de « l’adolescent » consommateur.

L’illégitimité sociale de la consommation (surtout masturbatoire) de films pornos : moralisme sexuel et élitisme culturel

** Quelques sources

Malheureusement, la plupart des choses intéressantes qui ont été écrites sur le porno viennent des Etats-Unis et n’ont pas été traduites en Français. Quelques références malgré tout pour celles et ceux que cela intéresse?

Histoire des pornographies

Baptiste Coulmont, Irene Roca-Ortiz, Sex-shop, une histoire française, Paris, Dilecta, 2007

Christophe Bier, Censure-moi. Une histoire du classement X, Paris, L’esprit frappeur, 2000

Thomas Waugh, Hard to Imagine, Gay Male Eroticism from their beginnings to Stonewall, New York, Columbia University Press, 2006

Sur le porno gay

Jean-Raphaël Bourge, ? Un racisme si sexy. Construction d’identités racisées dans la pornographie gay « ethnique » ?, Colloque Nos Corps Nos Identités, UEEH, juillet 2008

=> article disponible sur le site Post-ô-porno :[ http://gaadjou.joueb.com (qui contient beaucoup d’autres ressources sur les pornographies LGBT

Sur le porno lesbien

Bourcier Marie-Hélène, « Porno lesbien », in Philippe Di Folco, dir., Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF, 2005

Débats féministes autour de la question de la domination masculine

Butler Judith, « Une éthique de la sexualité » in Vacarme n°22, hiver 2003

=> article disponible sur le site : http://www.vacarme.eu.org/article392.html

Des éléments de filmographie sur le site du Paris Porn Film Fest : http://www.parispornfilmfest.com

Par Florian.

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