La bisexualité existe. Ensemble, défendons-la !

Bi’Causerie – conférence : la sexualité dans le dessin animé.

Le lundi 24 juin 2013, Le spécialiste de cinéma d’animation et script doctor Gildas Jaffrennou était invité par l’association Bi’Cause (association des Bisexuel(le)s de France) au centre LGBT de Paris. Objet de la conférence : la sexualité dans le dessin animé. Un sujet ô combien passionnant où notre spécialiste, devant une trentaine de personnes (aussi bien des connaisseurs du cinéma d’animation que des profanes, voire des gens hermétiques à cet art particulier) a tracé quelques pistes pour comprendre l’image donnée de la sexualité par le cinéma d’animation de ses débuts jusqu’à nos jours.

**Compte-rendu de l’introduction par Jann, commission culture de Bi’Cause

Bonjour à tous, à toutes, merci pour votre présence ce soir. Pour la dernière Bi’Causerie de l’année scolaire 2012-2013, organisée par l’association Bi’Cause. Alors Bi’Cause est une association qui existe depuis presque 20 ans, qui regroupe les personnes qui se disent bisexuelles, c’est-à-dire attirées par les personnes du même sexe ou du sexe opposé. C’est une association qui a pour vocation de rappeler à la société que le genre humain n’est pas figé, binaire, noir ou blanc, homo ou hétéro, c’est un peu un grain de sable dans les idées reçues, les préjugés conçus. De plus en plus de gens en France ont accepté l’idée justement que l’identité d’un être, y compris sur le plan de l’orientation sexuelle, pouvait être complexe, très complexe, que ce n’était pas forcément un handicap et on peut penser que Bi’Cause a modestement joué un rôle, continue de le jouer dans l’évolution, plutôt le changement des mentalités. C’est une association qui lutte contre l’ensemble des discriminations également, qui assume le militantisme, qui participe aussi à prévention en ce qui concerne la lutte contre le SIDA et les autres MST. C’est une association d’homes et de femmes qui se pose en tant que témoin des temps actuels mais aussi des temps passés, la transmission des histoires peu connues, de personnalités atypiques par exemple, de mouvements atypiques, fait parti de nos missions. Nous sommes également présents sur le terrain culturel. Car culture, politique, militantisme, ce ne sont pas mondes cloisonnés les uns les autres, au contraire, il y a des flux, des échanges, c’est quelque chose que Bi’Cause a compris très tôt et je dois dire que l’association ne s’est jamais démarquée, éloignée de la question culturelle, au sens large.

Mon nom est Jann, je m’occupe, tant bien que mal, de la commission culture de Bi’Cause, avec l’appui des autres membres, dont Vincent Strobel, actuellement, le président, et nous essayons d’organiser régulièrement des Bi’Causeries le deuxième et quatrième lundi du mois. Nous invitons donc des écrivains, des sociologues, des artistes divers et variés qui ont des choses à dire sur des thématiques peu courantes, nous essayons, et je le dis de façon humble, de rester en alerte, à l’avant-garde sur certains sujets. Ainsi fut organisée une Bi’Causerie sur le thème sexualité et vampirisme, une autre sur le polyamour, une autre sur les liens entre métissage et bisexualité.

Ce soir, pour finir en beauté l’année scolaire, et bien nous sommes très heureux d’accueillir Gildas Jaffrennou, à l’occasion d’une Bi’Causerie intitulée La Sexualité dans le Dessin Animé. Quelle est la place de la sexualité dans les dessins animés, qu’ils soient américains, européens, ou asiatiques ? C’est une question que l’on se pose assez peu, tant les dessins animés et la notion d’enfance sont encore liés pour des millions de gens, à quelques exceptions près.

Pourtant les sentiments troubles, l’érotisme, les diverses formes de sexualités dans l’animation n’ont pas attendu Fritz The Cat, de Ralph Bakshi ou encore Tarzoon la honte de la Jungle, de Picha, films emblématiques des années 70, pour apparaître.
Il y eut certains cartoons des Frères Fleisher dès les années 30, Tex Avery évidemment, mais aussi certaines œuvres des studios Disney…

Ce soir, Le spécialiste de cinéma d’animation et script doctor Gildas Jaffrennou tracera quelques pistes pour comprendre l’image donnée de la sexualité par le cinéma d’animation de ses débuts jusqu’à nos jours. Son intervention sera suivie d’échanges avec le public. Ce sera suivi d’un petit pot. Avant de laisser la parole à Gildas, je voudrais vous raconter une anecdote à son sujet. C’est un ami, nous venons tous les deux d’Angers, ville bourgeoise et snob au possible, où se déroule le très conventionnel Festival Premiers Plans qui réunit ceux et celles qui pensent qu’il n’y a plus rien de bien depuis la mort de Truffaut et la sortie de Taxi Driver.

Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs films que j’ai réalisés. C’est un passionné, capable de parler avec le même enthousiasme, la même flamboyance, de Boulevard du Crépuscule et du dernier Âge de Glace. Gildas Jaffrennou organise des ateliers cinéma, il vous en dira plus sans aucun doute à ce sujet, il n’est pas blasé par ce qu’il fait et nous avons tous les deux fait une conférence sur la notion de film amateur à la Sorbonne le 7 février dernier (nous étions invités par un autre spécialiste du cinéma d’animation, enseignant, Sébastien Roffat, auteur de l’ouvrage Animation et Propagande), notamment en projetant des extraits du film LA BETE IMMONDE, que j’avais réalisé, il avait supervisé le montage. Ce soir donc, il sera question de sexualité au sens large, de subversion, dans l’univers du Dessin Animé, où il y a beaucoup de malentendus, en présence d’un spécialiste qui connait son métier, certes, mais qui le connait et l’exerce avec talent parce qu’il est passionné. Nous comptons donc sur lui pour passer le meilleur lundi de la semaine. Je vous remercie.

**Intervention de Gildas Jaffrennou, émaillée de projections de très courts extraits de dessins animés

***Cerner le sujet

L’animation, c’est le fondement du 7eme Art. Le cinéma des frères Lumière est
postérieur aux pantomimes lumineuses d’Emile Reynaud. Quand on parle d’animation, on parle de donner la vie, de recréer l’illusion de la vie par un travail image par image. En dessin, avec des marionnettes ou par ordinateur, le point essentiel en animation est qu’on fabrique les personnages, et qu’on les fait bouger. C’est une reconstruction, et non une captation. En fait, la prise de vue réelle est une facilité : on se contente de capter des acteurs dans un décor, cela évite d’avoir à tout créer. René Laloux, dans son livre « un siècle d’animation » va jusqu’à qualifier de cinéma de Zombie le cinéma en prise réelle, qui ne nous montre que des images de vie passées, alors que dans le cas de l’animation, l’acte même de projeter le film est celui par lequel la vie des personnages peut commencer.

Alors notre sujet de ce soir, la sexualité dans l’animation, pose la question des limites pour un auteur. Jusqu’où peut-on recréer la vie en animation ? La sexualité déjà est en soi un vaste sujet, je dirais même le sujet le plus vaste qui se puisse concevoir dans le contexte de l’association qui m’accueille aujourd’hui. Pour être franc, mon expérience et ma culture personnelles sont sans doute plus étendus du côté cinéma que du côté sexualité. Ceci étant ayant enseigné les sciences de la Vie à des ados pendant une quinzaine d’années, j’ai toujours été très attentif à ne jamais juger mes élèves sur le degré de provocation de leurs questions ou de leurs comportements. La seule chose sur laquelle j’ai toujours insisté, c’est qu’en matière de sexualité la seule règle qui me paraisse essentielle, c’est de respecter les autres, dans leur identité, dans leur intégrité, et dans leurs préférences. Aujourd’hui, je ne connais pas de dessin animé qui ait abordé le regard sur l’homosexualité ou sur la bisexualité, ou même qui en ait fait un élément de récit signifiant.

La question est purement ignorée, le simple fait d’aborder l’hétérosexualité étant déjà délicat, c’est principalement sur cette question du rapport entre animation et sexualité que je limiterai mon intervention. A charge pour celles et ceux qui le souhaiterait, de proposer des pistes ou des références que j’aurais négligé ou ignoré, puisque clairement je ne prétends aucunement réduire ce vaste sujet aux quelques éléments que je peux vous proposer. Je voudrais dire aussi que ce sujet m’a été proposé par Jann, qui de son côté a rassemblé une bonne partie de la documentation que nous vous proposons.

***Limites – marché, société.

Les auteurs peuvent se donner des limites, mais dans un domaine artistique qui
est aussi une industrie, c’est à la fois la société, par ses règles, et le marché, par ses tendances, qui vont faire évoluer les limites de ce que les auteurs pourront faire ou pas. Et bien sur, la société a ses marges, ses zones limites, tout comme le marché peut surfer sur des modes, des tendances. Disons le marché tel qu’il est perçu par les maisons de productions et les diffuseurs. Les seules vraies limites à ce qu’on peut raconter en matière de sexualité en animation, ce sont celles que la société impose.

Au début de l’animation pour le cinéma, les limites étaient strictement les mêmes que pour les films en prise réelle. Et puis très rapidement, l’animation est devenue « mainstream », c’est à dire grand-public. Avec les succès de Walt Disney et la ligne éditoriale qu’il a défendue, et qui a été beaucoup imitée, tout le monde a tacitement admis que l’animation était une forme convenant davantage aux enfants qu’à tout autre public. Du coup, s’il est bien évident que les personnages en animation ont toujours été sexués, au sens social du terme, ils ont assez régulièrement été désexualisés au plan biologique. Que Tom, Grosminet, Le Coyote ou Porky Pig soient des personnages masculins n’est pas exprimé par des traits visibles, mais par leur personnalité, leur façon de réagir. Et si un personnage apparaît nu, c’est que la situation n’est pas sexuelle (bébé nageurs / angelots de Disney) Mais il y a eu des personnages à la fois sexués, et au comportement sexualisé, sans être à proprement parler un comportement sexuel. Un cas exemplaire est peut-être celui de Pépé le Putois. Il pourchasse de ses assiduités une malheureuse chatte dont le dos a été malencontreusement orné d’une rayure lui donnant l’apparence d’une femelle sconce.
On pourra noter que dans les quelques cartoons qui font intervenir Pépé, l’humour nait d’un malentendu sur l’appartenance à une espèce donnée, et sur l’attirance contre-nature déclenchée par un simple élément visuel. Alors évidemment, Pépé ne fait rien de plus à la pauvre chatte que la prendre dans ses bras et tenter de l’embrasser. En somme, le maximum ce qu’on peut alors se permettre dans un cartoon sans susciter de scandale.

Faut-il rappeler que le premier baiser inter-racial en prise réelle dans un show
télévisé américain date de 1969 et d’un certain épisode de Star Trek ? Paradoxalement pour voir deux personnages masculins s’embrasser sur la bouche en animation, il n’a pas fallu attendre si longtemps. Bugs Bunny et Porky Pig. Voir un lapin rouler une pelle à un humain en animation était manifestement beaucoup moins choquant pour le public américain que de voir un homme blanc embrasser une femme noire en prise réelle. On peut légitimement se demander pourquoi.

Hypothèse 1 : c’est un problème de distanciation. L’animation créée une distance avec le monde réel, et assume une virtualité du sujet représenté. On accepte plus facilement les choses quand elles passent par cette forme.
Hypothèse 2 : L’animation de type cartoon est fortement arquée par la tonalité burlesque. On y pratique l’excès, la parodie, la caricature. Qu’on pense au mode de représentation des noirs dans les cartoons jusqu’aux années 1950 (Uncle Tom’s Cabana, de Tex Avery ?)

Dans toute la période allant des débuts de l’animation (mettons les années 1910) jusqu’à la fin des années 1968, le côté cartoon, et l’idée d’un public enfantin vont durablement inhiber l’animation américaine. Ce sera, par effet d’imitation, le cas de l’animation dans tous les pays du monde, France et Japon compris. On trouvera des exceptions, comme la fameuse séquence des centaures de Fantasia (1940), mais ces exceptions se limiteront à des représentations de nudité, rien de sexuel n’étant jamais montré. Après, il y a la suggestion, l’érotisme, l’ambiguïté d’une posture ou d’un regard…

***niveaux de représentation

Alors qu’entend-on par sexualité dans les dessins animés ? On peut définir des catégories, assez artificielles, mais je les propose pour en quelque sorte défricher le sujet.
.Sexuation implicite : effets ou narration jouant sur le sexe des personnages, sans référence à la sexualité. On peut parler de caractérisation implicite. Pensez à Blanche-Neige et au Prince Charmant, ou à Raiponce et Eugène. On ira jusqu’au baiser, mais pas plus loin.

.Sexuation explicite : des personnages apparaissent nus, sans qu’intervienne de sexualité. Gandahar de René Laloux comporte de la nudité de cet ordre, de même que Kirikou de Michel Ocelot. On trouve dans des Disney anciens des scènes avec des angelots nus qui sont de pures fantaisies assez innocentes, au moins en apparence.

.Émotion sexuelle : effets ou narration suggérant le désir, le rejet, ou l’excitation sexuelle sans en montrer ni même en suggérer l’aboutissement. C’est le loup de Tex Avery, et toutes ses formes plus ou moins dérivées, dont notre ami Pépé le Putois.

.Acte sexuel : narration assumant sans ambigüité la réalité de relations sexuelles, sans pour autant les montrer d’une façon totalement explicite. Cas du Chaînon manquant de Picha.

.Narration montrant de la sexualité explicite, relevant de fait de la pornographie. Et cela existe depuis longtemps, même si c’est une forme de création assez marginale, même, on en dira quelques mots, au Japon.

.Une dernière catégorie me paraît incontournable, c’est celle de la sexualité suggérée, symbolique, qui ne se dévoile qu’après une analyse de l’œuvre. A la limite, l’auteur pourrait prétendre n’avoir pas fait exprès, et faire passer le critique pour un obsédé qui voit du sexe partout. Il se trouve que je vais devant vous prendre le risque de me voir affubler de ce qualificatif à la fin de mon intervention, en me livrant à l’analyse de deux films apparemment totalement innocents et qui à mon sens sont très loin de l’être, mais bien sur vous en serez seuls juges. Pour reprendre les choses par le commencement, évoquons d’abord la sexuation en animation, c’est à dire le fait de rendre clair et signifiant l’appartenance d’un personnage à un genre, masculin ou féminin. Montrer des personnages nus, déjà en animation c’est assez rare, les auteurs étant quelque part tenus de justifier ce type de représentation par les nécessités narratives du scénario. Avant les années 70, on peut même dire que c’est pratiquement inexistant (au moins à ma connaissance).
Alors à la fin des années soixante, il y a eu ce qu’on a appelé la révolution sexuelle. On pourrait dire qu’il s’agissait davantage d’une libéralisation des mœurs, une liberté nouvelle pour toute une génération de vivre assez librement la sexualité. La contraception, l’IVG légalisée, les mouvements féministes ont ouvert une voie dans laquelle divers artistes se sont engouffrés, y compris dans le domaine de l’animation. C’est l’époque des Shadoks (qui ont déchaîné bien des conflits en dépit de leur relative asexualité). Je dis relative parce que la plupart des Shadoks importants sont a priori masculins (le devin-plombier, le marin, le professeur Shadoko, le roi), à ceci près que chacun d’entre eux est susceptible de pondre des œufs. D’une certaine façon, on pourrait considérer les shadoks comme des créatures inter-sexuées.

Les années 1970, c’est aussi l’époque de Yellow submarine, de l’adaptation de la BD de Crumb ’Fritz the cat’ en animation, et des premiers longs-métrages de Picha, assez dégoulinant d’une sexualité parodique et exacerbée. On fait des films qu’on cible clairement pour adultes, avec l’intention assez évidente de surfer sur la libéralisation des mœurs, de coller avec l’évolution de la société par rapport au sexe en général. Ce qu’on peut dire, c’est que certains de ces films ont eu quelque succès, mais sans pour autant faire école. Les années 1980 ont bien vite calmé tout le monde avec le sida et le retour d’un certain ordre moral, qui n’a fait que se renforcer ces deux dernières décennies. Picha, après Tarzoon et le Big Bang, réalisera le Chaînon manquant en 1984, et ne refera de long que 20 ans plus tard avec sa version revisitée de Blanche Neige, qui fera, ce n’est rien de le dire, un flop retentissant.

Quand à Ralph Bakshi, il a pu réaliser quelques longs assez audacieux, mais pas assez consensuels pour toucher un public large. Tenant d’une animation libérée, qui ose montrer des corps et des personnages très érotisés, son esthétique tourne clairement le dos aux canons sur lesquels le public s’appuie pour se repérer. On est au delà du sexuel, il y a un coté trash, assez provoquant même, on pourrait dire que c’est une animation d’adulte décomplexé. Celui qui prendra en quelque sorte la suite de ce courant est aussi américain. Il s’appelle Bill Plympton et va réaliser entre la fin des années 1980 et le milieu des années 2000 quelques courts et long métrages qui osent à peu près tout. Alors il y a de la sexualité, et même explicite chez cet auteur, mais son style a tendance à neutraliser le côté érotique de ces scènes. Pour être complet, passons par le Japon1, ou l’animation connaît un développement exceptionnel au début des années 1960, principalement à la télévision. A noter qu’il y a aussi en parallèle une importante production pour le grand écran, et que l’un des pionniers de cette époque, Osamu Tezuka, est aussi un des premiers à oser un long métrage érotique en animation. Le film sera un échec commercial.

Parmi les innombrables séries il peut arriver que la sexuation explicite pose problème à la critique, comme ce fut le cas pour les jeunes filles qui apparaissent dans Kirikou et la sorcière. Personne évidemment n’a été prétendre que Michel Ocelot devait avoir un fond de perversité en lui pour montrer de telles images dans son film, et ses arguments pour se défendre ont été principalement d’ordre ethnologiques. Le contexte de conte africain du récit de Kirikou appellerait un type de représentation correspondant au contexte de cet univers-là.
Par comparaison, une des scènes du « petit magasin des suicides », de Patrice Lecomte est des plus étonnantes. Une jeune fille a reçu pour ses 14 ans de la part de son frère, un châle oriental. Le soir, alors qu’elle se croit seule dans sa chambre. L’objet stimule son imagination. Elle exécute un strip-tease suivie d’une danse lascive, inconsciente du regard des copains du petit frère postés sur le toit. Là, la dimension du désir est assez manifeste, autant que la sensualité de la jeune fille. A ma connaissance personne n’a rien trouvé à redire à cette scène, qui pourtant implique des mineurs, de la nudité et du voyeurisme… Question d’époque mais sans doute aussi de style graphique. Des personnages lascifs ou érotisants, il y en a dans les anciens cartoons aussi. Betty Boop par exemple, avec ses petites robes courtes et sa jarretière. Mais le reste du graphisme prend une telle distance avec le réel, que le personnage porte plus l’idée de frou-frou et de provocation qu’une réelle érotisation.

Dans les années 1990-2000 quelques auteurs de courts-métrages, mais aussi de série télé, ont assumé de parler de sexualité en animation : Les Simpson, South Park, au cinéma, Bill Plympton ( L’impitoyable lune de Miel, Les mutants de l’espace,) Phil Mulloy (intolérance I, II, III). Autant les séries télé sont ouverte sur le monde et donnent un reflet, au demeurant parodique, de la réalité (je pense au Grand-père Simpson qui propose à sa partenaire de sortie de faire l’amour d’ici 20 minutes. Elle demande pourquoi attendre 20 minutes. Et Papy Simpson de répondre « le temps que la pilule bleue agisse »

La sexualité sans être explicite, peut donc être suggérée, parfois avec humour, d’autre fois avec discrétion. Pensez à ce magnifique hydravion rouge piloté par Porco Rosso (Miyazaki 1992), et dont la reconstruction est menée par des mains exclusivement féminines. Le symbole phallique, ainsi que le symbole du cochon, donnent une lecture vraiment peu enfantine de ce film, dont Miyazaki lui-même considère qu’il ne s’adresse pas aux enfants. La façon dont Kiki la petite sorcière perd son pouvoir de voler (après sa première sortie avec un garçon) n’est pas anodine non plus…

Note post-conférence : échanges avec les gens, applaudissements du public, cocktail dans une bonne ambiance. Nos plus sincères remerciements à Gildas Jaffrennou, à Bi’Cause, au centre LGBT.

Bi’Cause : http://www.bicause.fr
Gildas Jaffrennou : http://www.ghostinthescript.fr/

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