La bisexualité existe. Ensemble, défendons-la !

Bi’Causerie – Identité et pratique bi

Compte rendu de la Bi’Causerie du 28/08/2000 – Identité et pratique bi

 

Chaque année à la rentrée scolaire, l’association voit arriver de nouveaux venus et c’est l’occasion de reprendre les sujets les plus brûlants, tels que le rapport entre identité et pratique. Voici en substance ce qui s’est dit le 28 août 2000…

La bi’causerie a commencé avec la mise à plat de quelques définitions de l’identité, supports à la réflexion. Au cours de la soirée, nous avons également répondu à un petit sondage. Il est question de ces éléments dans la synthèse ci-dessous.

Identité ressentie :

A-t-on réellement besoin de définir sa propre identité ?

– Oui, pour certaines personnes à certains moments de leur vie, d’autant qu’elle évolue (on devient éventuellement parent, on change parfois de profession, d’état civil, d’appartenance politique, de sexualité…).
L’identité repose sur une ressemblance (voir la définition: « identité: ce qui fait qu’une chose est de même nature qu’une autre »), donc sur des éléments de référence extérieurs à soi (qui peuvent également servir de points d’appui pour se distinguer).
Quels critères sont donc les plus importants pour se donner une identité ?
Le sondage a suscité quelques remarques, en particulier celle-ci : on pourrait ajouter d’autres critères comme l’origine géographique, le genre, la culture, la situation physique (par exemple : handicap).
Résultat : le sexe, prénom, et la sexualité ont généralement été cités en premier.
Le sexe biologique est ce qui est perçu au premier abord mais lorsque l’on définit sa propre identité, cet élément est tellement évident que presque personne ne le mentionne.

Identité montrée :

A partir de la définition « identité: ensemble d’éléments qui permettent de reconnaître un individu donné« , on a réfléchi sur la différence entre ce qu’on est et ce qu’on montre.
L’identité que les autres nous attribuent est dictée par notre conduite, à travers 2 filtres : leur filtre et le nôtre.
Concernant l’identité bi, la notion de norme joue un rôle de filtre particulièrement pesant ; en effet, tout laisse à penser qu’il n’y a que 2 camps : le normatif et le transgressif, associé le premier à l’hétérosexualité et le second à l’homosexualité. Or il est impossible d’insérer la bisexualité dans une troisième case de cette grille d’analyse. Cela vient notamment du fait qu’il est plus facile de reconnaître un homo qu’un bi.
(D’ailleurs, par exemple, où place-t-on les abstinents ?)
Le sondage montre que la sexualité est un critère d’identité important. Le degré d’affirmation de son orientation dépend néanmoins du contexte (associatif, privé, amical, professionnel, politique, etc…).

Identité individuelle (synthèse de l’identité ressentie et de ce qu’on montre) :

Définition: « l’identité est le sentiment d’intégrité (être complet entier)« .
Pour se sentir bien, il faut un point commun suffisamment solide entre ce qu’on est et ce qu’on montre : pour un bi, l’idéal serait de ne pas cacher sa bisexualité.
L’intégrité de la personnalité bi inclut la bipolarité au lieu de combiner deux personnalités. En effet, si un bi était le schizophrène dont parlent certains biphobes, c’est-à-dire alternativement un hétérosexuel et un homosexuel, sa personnalité finirait par éclater.

Identité de groupe (bi) :

Dans la définition psychologique de l’identité (« je suis moi »), il est dit que le sentiment d’identité est indispensable à l’individu. Un groupe peut-il également se dire « Je suis moi »? – C’est ce qu’il fait plus ou moins en se donnant un nom.
Mais un groupe est plus que la somme des individus qui le composent. Comment alors est-il plus qu’un groupe de bisexuels’
Chacun dans le groupe a certes sa propre définition de la bisexualité et ses pratiques propres, mais sans doute le simple fait de se dire bi suffit à se réunir en groupe.

L’identité du groupe découle donc directement de la raison d’être du groupe; la recherche d’une identité bi collective permet d’y voir plus clair aussi dans celle de l’identité individuelle, en mettant en lumière certains traits communs tels que les difficultés rencontrées en pratique ou l’affirmation d’une intégrité personnelle combinée à la bipolarité de la sexualité.

Pour compléter cette réflexion, nous vous invitons à consulter la traduction du manifeste bi, texte rédigé par KRIPTON (porte-voix de la communauté bisex Italy) et publié en V.O. sur le site http://www.cybercore.com/bisex.

Définitions:

  • IDENTITE : de latin idem « le même » (en gras: principales idées retenues dans la discussion)
    ce qui fait qu’une chose est de même nature qu’une autre ;
  • ensemble des circonstances qui font qu’une personne est bien telle personne déterminée (Petit Larousse) ;
  • propriété de ce qui est identique à soi-même ;
  • ensemble d’éléments qui permettent de reconnaître un individu donné ;
  • similitude extrême d’un ou plusieurs caractères chez des êtres différents ;
  • sentiment d’intégrité (être complet entier) (Bordas) ;
  • psycho :  » je suis moi « , le sentiment d’identité est indispensable à l’individu (être soi-même).

INTEGRITE :

  • état d’une chose qui a toutes ses parties, sentiment, conscience d’être UN (indivisible, complexe et continu) ;
  • se sentir constitué de nombreux composants mais qui forment un tout cohérent ;
  • se sentir assimilé dans un ensemble humain ;
  • sentiment que les parties d’un tout sont inséparables et essentielles dans le fonctionnement général ;
  • combinaison heureuse, harmonieuse permettant un comportement adapté et/ou un sentiment d’ETRE (Bordas).

PRATIQUES :

  • réactions externes objectivement observales (cf conduite).

CONDUITES :

  • ensemble des actes qui constituent la manière d’agir d’une personne ;
  • manière de se comporter sur leplan moral et social ;
  • psycho : ensemble des réactions de l’organisme ou du psychisme humain à des stimuli externes ou internes.

Sondage :

Une petite liste de critères a été distribuée aux personnes présentes et il leur a été demandé de ranger ces critères par ordre décroissant d’importance. L’idée était tout simplement de voir dans quel ordre on se présentait. Cela a donné lieu a des commentaires, avec la remise en cause de la notion de race qui est très discutée parmi les scientifiques, notamment, mais aussi la question de savoir si l’on se présente à soi-même ou à autrui, etc… Nous vous présentons la liste, mais bien sûr son intérêt essentiel résidait dans les échanges verbaux qu’elle a provoqués. Bien entendu aussi, le contexte associatif a dû influer sur les réponses (voir la partie sur l’identité montrée).

  • âge
  • appartenance politique
  • état civil
  • loisirs et centres d’intérêt
  • milieu d’origine
  • nationalité
  • nom
  • prénom
  • profession
  • race
  • religion
  • sexe
  • sexualité

… auxquels certaines personnes ont ajouté:

  •  pays d’origine / éducation (par ex.: une éducation italienne)
  • culture (qui peut être choisie)
  • environnement
  • genre (à distinguer du sexe, qui est le sexe biologique)
  • situation physique (si on a ou pas un handicap)

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