La bisexualité existe. Ensemble, défendons-la !

Bi’Causerie – Métissage et bisexualité

Compte rendu de la Bi’Causerie du 27/10/2008
Métissage et bisexualité

 

Nous étions une petite quinzaine rassemblés autour d’un thème : métissage et sexualité.

Etaient présents Jean-Michel, de l’association Tjembe Red, métis antillo-breton, Jann Halexander chanteur membre de Bi’Cause et Tjembe Red.

Être métis c’est être chez soi partout et être partout nulle part. Ou encore être chez soi… nul part. Le métis noir/blanc n’est jamais assez noir pour les Noirs, blanc pour les Blancs, n’est jamais assez blanc pour les Noirs, ni assez noir pour les Blancs. Il y a ici des sentiments confus : suspicion, fascination, envie, envie de l’autre aussi, qui n’est pas forcément condamnable.

Dans Tribune Juive, Bernard Kouchner s’exprimait sur sa partie juive qu’il disait vouloir dépasser mais qu’il se sentait juif quand un juif est attaqué.

Le rapprochement avec la bisexualité, dans son absolu, n’ a rien de douteux. A noter que les œuvres de l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé mêlent souvent mélange des sexualités et créolité (avec beaucoup de magie…).

Le métissage et la bisexualité sont des zones tampons, des interfaces, des passerelles essentielles. Ce sont les relations interraciales, les mélanges sexuels et sociaux qui expliquent à la fois des mouvements comme la racisme et l’échec des politiques racistes à un moment ou un autre aussi terribles soient-elles’

La présence d’individus capables d’avoir des relations amoureuses et sexuelles sans se soucier du genre sexuel font la liaison entre les différentes composantes d’une société.

Au long de ce débat, ou plutôt exposition de témoignages, il y avait le trop court témoignage d’une personne de type européen mais dans les ancêtres étaient des antillais de couleur (trop court car parti très vite, accompagné d’une amie). Jann a parlé de ce dicton fréquent en Afrique noire francophone : le métis a les vices du Blanc et du Noir réunis.

Et d’ailleurs comment établir les frontières entre qui est blanc, qui est noir ? qui est hétérosexuel, qui est homosexuel ? Et si on était toujours le Blanc de quelqu’un ? Le nègre de quelqu’un. « Nous sommes tous des juifs allemands. ». .

La bisexualité attire, tente, l’idée qu’on peut se permettre de tout faire avec un bisexuel supposé coucher avec tout le monde est répandue.

Jean-Michel a souligné l’importance de ses origines bretonnes et sa parfaite intégration dans sa famille blanche, sa place qui est la sienne, celle d’un homme avant tout, et l’importance de ses origines noires antillaises. Ses frères ont, de leur côté, manifesté un rejet de la partie blanche. D’anecdotes en anecdotes, les participants ont apprécié, à l’instar de Jérôme cette thématique enrichissante.

Par Jann Halexander

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