La bisexualité existe. Ensemble, défendons-la !

Bi’Causerie – UUEH le retour

Compte rendu de la Bi’Causerie du 11/09/2000 – UUEH le retour

Nous accueillions lors de cette Bi’Causerie trois membres de l’association amie « Etudions gayment » de Nanterre, présents aux Universités d’Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités (UEEH).

Vous trouverez en annexe le projet de participation de Bi’Cause aux UEEH 2000, notes préparatoires aux interventions des bi’causiens.

Les UEEH se sont tenues à Marseille du 22 au 28 août 2000.

Selon nos délégués, les 6 heures de séminaires allouées à Bi’Cause ont été bien utilisées. L’accueil, parfois houleux dans certains cas, a été chaleureux pour Bi’Cause. Selon nos délégués, bien que très néophytes, nous avons discrètement fait notre entrée aux UEEH. Mais il faudra se montrer plus performant et plus militant l’an prochain.

Trois ateliers étaient proposés par Bi’Cause auquel s’est ajouté un groupe de parole proposé par Daniel Welzer-Lang (universitaire Toulouse-Le Mirail):

  •  Bisexualité et vie sociale
  • Bisexualité et identité
  • Bi’Cause l’association

Quel que soit l’atelier, malgré l’accueil favorable, nos délégués reconnaissent avoir été « un peu légers » en ce qui concerne l’animation. Des critiques sur notre fonctionnement ont trouvé peu de réponses préparées. Il faudrait sortir du fonctionnement convivial et entrer dans des revendications et des discours plus militants.

Il ressort des débats que, par comparaisons aux autres populations homo, on assiste à une prise de conscience bi, de ce que l’on n’est pas.
L’atelier « groupe de parole » de D. Welzer-Lang a suscité de nombreux apports plus personnels d’expériences ; combats, révélations, doutes, chacun a pu apporter son témoignage.
Présence de Sandrine de « Vogay » (groupe bi suisse) : très battante, efficace mais très isolée dans son pays (super site web). Sandrine est plus agressive dans ses discours que nous, nous avons beaucoup à apprendre d’elle…

Par ailleurs, les UEEH proposaient de nombreux ateliers artistiques, ludiques, burlesques : amBIance très sympathique.
La dernière soirée très festive a vu l’initiative du baptême bi, « espace intime expérimental », où le sujet les yeux bandés devait deviner qui le caressait : homme ou femme ?

Avis de Patrizia:

Avis plus mitigé sur l’animation, point faible face à un grand groupe. Elle souhaiterait des interventions d’Anne (notre ancienne présidente) aux prochaines UEEH.
Pour pallier au manque de théorisation, il serait souhaitable de retravailler avec Catherine Deschamps.
Il faudrait essayer de réunir un maximum d’écrits concernant la bisexualité (voir avec l’association « Mix-Cité »).
Se rapporter à Lesbia Magazine qui publie un long article sur les UEEH tout en couleur!
Par rapport aux UEEH de 1999, Patrizia note moins de tensions, de prise de pouvoir. Bilan plus positif.

Avis de Frédéric :

Il a exploré d’autres ateliers et y a relevé beaucoup de détresse, des témoignages poignants surtout autour de l’homosexualité. Une cassette va être diffusée par la DASS en direction des jeunes mais sans abord de la bisexualité, ce que nous regrettons. Pour Frédéric, la confrontation avec ce monde homo lui a donné le sentiment d’être différent, de ne pas être concerné à 100%. Cela l’a incité à faire son coming-out auprès de sa famille!

N.B. :

présence aux UEEH d’Amnesty International et de Prochoix pour le respect de la vie privée par rapport à la vie publique : que chacun puisse faire ses choix librement et quels que soient ces choix. Nous souhaiterions que ces deux associations participent à une bi’causerie, elles ont sûrement beaucoup à nous apprendre. Nous ferons tout pour que notre participation aux UEEH 2001 soit plus active, plus militante et plus médiatique.



 

Projet de participation de Bi’Cause aux UEEH 2000

Nous pensons aborder, au cours de trois ateliers, sur la base de débats animés, les thèmes:

1 – Bisexualité, un choix de vie, une identité?

  • Quelles réponses à l’éternelle question du rapport entre les pratiques et l’identité?
  • Si l’on a des relations, sensuelles ou sexuelles, occasionnelles ou exceptionnelles, avec l’autre sexe, quand peut-on parler de bisexualité?
  • Etre bisexuel/le et ressentir la double suspicion de « vivre une sexualité en travail », une étape dans un processus non abouti, alors qu’on peut être stable.
  • La bisexualité perçue comme un non-choix, un entre-deux, ou une quête de soi, en fonction des événements, des rencontres.

Pour illustrer ce thème, quelques témoignages entendus dans l’association :

  • Gilles : je ne dis pas ma bisexualité au début d’une relation pour ne pas avoir à me justifier (qui c’est ta copine ? qui c’est ton copain ?)
  • Lawrence : j’attendais de la compréhension des autres pour pouvoir me construire, ne pas être jugé trop tôt. Aujourd’hui je dis rarement ma bisexualité. Est-ce qu’on choisit vraiment sa sexualité? Mes relations avec les hommes m’ont aidé à mieux comprendre les femmes.
  • Marie : je dis très vite que je suis bi pour ne pas laisser de doute avec les femmes.
  • Françoise : en tant que bi, je casse la dualité hétéro/homo, noir/blanc. Je brise un rapport de force.
  • Anne-Marie : j’ai l’impression que mon identité bi transparaît dans mes relations avec les femmes et les hommes.
  • Loïc : j’ai été dans un fonctionnement asexué, neutre, hors champ reconnu.

2 – Bisexualité et vie sociale: s’intégrer.

La bisexualité vécue en deux temps:

  • avant la prise de conscience, une possibilité de malaise dû à la difficulté d’assumer son rôle présumé; une possibilité de faire naître des sentiments misogynes ou machistes chez les femmes et chez les hommes ;
  • après la prise de conscience : une possibilité de trouver un équilibre avec son genre l’autre genre ; pour les femmes et pour les hommes, l’acceptation de sa féminité et de sa masculinité revendiquées, et une sensibilité à la féminité et à la masculinité de l’autre, sans perdre les siennes.

En famille : comme pour les homos, une grande souffrance par rapport aux parents, jusqu’à la rupture…
Le choix entre la sortie du placard, ou bien ne pas dire, mais ne pas cacher. La recherche d’un soulagement.

Dans la vie professionnelle: un double rôle à gérer entre l’identité/les pratiques réelles et la façade hétéro.
Les problèmes de suspicion, de harcèlement moral.

La vie familiale et :

  • les enfants (en avoir et en avoir été un),
  • la fidélité affective et sexuelle à un/e conjoint/e avec lequel/laquelle on vit,
  • l’adoption, la conception,
  • le rôle et la place de l’amour homo,
  • le rapport à ses enfants quand ils grandissent: que dire ?
  • le PACS et la volonté homo d’entrer dans une certaine normalité.

La pression et le pardon social : jeune, tu es pardonnable; mûr, cache-toi.

La bisexualité comme lieu d’échange, zone frontière entre les homos et les hétéros ?

La bisexualité comme un espace de parole et de pratiques ?

La proximité entre les bis, les trans, le mouvement queer, dans le refus des rôles préétablis, de la normalité actuellement reconnue.

La bisexualité est-elle comparable à une transsexualité psychique vécue, affichée?

Pour illustrer ce thème, quelques témoignages entendus dans l’association:

  • Gilles : j’ai essayé de vivre comme un hétéro, puis comme un homo. Aujourd’hui je vis simplement selon l’autre. J’ai annoncé à 19 ans que j’étais homo, un an après j’étais avec une fille.
  • Marie : je pense que mes parents ont une intuition.
  • Françoise : les homos se comportent avec nous comme les hétéros vis-à-vis des homos.
  • Christine : j’étais misogyne avec les femmes.

3 – L’association Bi’Cause.

  • L’historique
  • Un lieu de promotion de la bisexualité
  • Un lieu de rencontre et d’expression
  • Un lieu de passage
  • Les règles : pas d’annonce personnelle, pas de revendication échangiste

Pour illustrer ce thème, des témoignages entendus dans l’association

  • Nelly : à Bi’Cause, on sait qui est l’autre. On n’a plus besoin de le dire.
  • Yves: je me suis construit avec mon ressenti bisexuel. Bi’Cause m’a apporté des bases de réflexion.

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