La bisexualité existe. Ensemble, défendons-la !

Bi’causerie – Visibilité Invisibilité

Compte rendu de la bi’causerie du 09/07/2001 – Visibilité Invisibilité

 

La visibilité bisexuelle semble nulle, il s’agit donc d’invisibilité.

Dans la définition, volonté de ne pas être vu : pour éviter les conflits, les souffrances, pour protéger la vie privée ou la vie de famille, pour maintenir la sexualité comme un jardin secret.
Il y a deux pôles : le pôle individuel et le pôle collectif.
On peut poser la question des bénéfices et des risques.

Obstacles à la visibilité :

Le courant psychanalytique induit la question : la bisexualité correspond-elle à une transition?
Dans cette société médiatique, la bisexualité n’est pas assez connue ou même occultée.
Choix puis structuration et résistance car dominante homo ou hétéro.
Le couple mixte rassure par rapport aux homosexualités « épisodiques ». Or pour nous cela signifie que la bisexualité en tant que telle n’est pas reconnue.
Dans l’entourage homo: méfiance, incompréhension, malaise.
Une règle : rester au niveau de ce que l’autre peut entendre, pour conserver la confiance.
Refus des parents.
Est-il sécurisant d’être invisible ? Cela provoque-t-il un mieux-être ? C’est une stratégie individuelle certainement avantageuse ? sinon nous serions beaucoup plus nombreux aux réunions de Bi’Cause ! C’est un choix souvent contraint cependant (par exemple si le conjoint n’est pas bi).

Liberté de dire ou de ne pas dire :

Nous avons la liberté de dire ou de ne pas dire, selon l’interlocuteur.
Par rapport aux autres cela passe éventuellement pour un « aveu ».
Alors on peut ressentir le besoin de garder le secret pour arriver à ses fins et ne pas avoir à s’expliquer.
Le besoin de se rendre visible peut venir d’une exigence personnelle et/ou politique. L’intérêt de la visibilité repose dans l’exigence de vérité et la valeur éducative.
Le fond du problème est la double affectivité. ((A Rotterdam on a parlé de la grille de Klein, approche multiple des diverses facettes de la bisexualité). Il faudrait travailler dessus.)

Une 1ère étape du processus si l’on veut se rendre visible à titre personnel peut être simplement de dire que la bisexualité existe.
Dire sa bisexualité focalise les regards, englue. On devient un cas à observer, on se retrouve avec une étiquette chargée de préjugés.
La bisexualité alternée est encore plus difficile à faire comprendre.
Mais la bisexualité n’est toujours qu’une dimension de la personnalité, il ne faut pas que l’on axe toute la personne sur cette dimension-là uniquement.
Devant des personnes de bonne intention, le langage ne sert à rien car la bisexualité n’est même pas identifiable quelque fois!
On peut aussi penser qu’il ne faut pas toucher à la vie privée, que l’immiscion dedans est une agression inacceptable.
Pour faire passer le message, on peut recourir à des euphémismes, par exemple « Je sors avec des filles ».
Révéler aux parents, c’est leur demander une réaction. Si on le fait par écrit, il reste un non-dit !

Au niveau associatif, nous sommes beaucoup d' » originaux bizarres « . Rendre l’association connue et reconnue pourra aider les individus anonymes à vivre leur bisexualité et la banaliser. L’adhésion sert à marquer sa propre volonté de visibilité parmi ses semblables.
A la Conférence européenne bi de Rotterdam (juin 2001) on a vu que la communauté s’étend.
Livre de poche: « Comprendre l’homosexualité » (Marina Castaneda) : il est question de la bisexualité dans un long chapitre à partir de la p. 290. C’est signe que la bisexualité est prise en compte. Encore faut-il examiner avec quelles nuances elle est appréhendée.
Mais en tout cas l’information se communique et se propage.
Le fantasme pour les hétéros : le bi bienheureux !
Manque de visibilité à la Gay Pride. Il faut travailler sur ce point aussi.
Comment faire avancer la visibilité bi collective?
– les homos œuvrent déjà pour nous depuis longtemps (PACS par exemple),
– favoriser l’homoparentalité,
– vivre nos désirs,
– rassembler les bisexuels planqués,
– plus de cohésion, un véritable but commun.

« Bi indéfinissable donc non reconnaissable donc invisible ».

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