e-Bi’Causerie « Alpheratz et la grammaire de français inclusif »

Couverture Grammaire Français Inclusif

Préalable de l’association :

Bi’Cause lutte activement pour l’égalité entre les genres (alors que le genre masculin prédomine), entre les positionnements au regard du genre assigné à la naissance (cisgenres ou transgenres), et pour la reconnaissance des personnes non binaires, qu’elles soient, intersexes ou dyadiques ; l’association a fait le choix de rédiger ses textes de référence en écriture inclusive (telle que préconisée par le Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes, binaire avec le/s point/s médian/s au sein du mot) et d’expérimenter un autre type de français inclusif, non binaires avec les différents systèmes de formation en cours. C’est pourquoi elle ouvre la discussion sur les modalités futures de publication des textes sous les deux formes.

Nous renvoyons à la présente Bi’Causerie d’Alpheratz pour les avantages et les inconvénients des différents systèmes de formation.

Laissons la plume à notre amix :

« Les mots de genre neutre non binaire nous semblent s’élever contre « la maltraitance théorique » (Sironi 2011) d’une psychanalyse binaire, qui se soucie plus de l’adhésion de l’individu à la norme que de l’individu lui-même. En montrant la possibilité de se situer dans un continuum de sexe ou de genre, ils participent peut-être à montrer l’absurdité et la cruauté de « l’expérience de vie réelle », qui oblige les personnes trans, mais cela s’entend également pour l’ensemble des individus, à jouer le rôle d’une femme ou d’un homme, c’est-à-dire à se conformer à des stéréotypes.

Mais les mots de genre non binaire peuvent également apparaître comme une nouvelle menace pour les femmes – comme pour la notion même de sexe et de genre – en faisant parfois disparaître toute marque morphologique, ce qui participerait, comme cela a été le cas avec un masculin générique, à leur invisibilité dans la pensée, leur dévalorisation dans la société et leur effacement de l’histoire.

Qu’ils soient binaires ou non binaires, ces mots inventent de nouveaux symboles, qui contribuent à écrire un nouveau contrat social, où la prédominance du masculin n’est plus inéluctable. »

Message de présentation

Lu linguiste Alpheratz présente ses travaux en matière de grammaire de français inclusif. Une discussion est prévue pour les éventuelles modalités d’application au sein de Bi’Cause.

La Bi’Causerie a lieu sur le serveur Discord de l’association.

Compte-rendu

En cette période de confinement, la Bi’Causerie audio du lundi 13 avril 2020 a été un franc succès, et au moins 23 personnes se sont connectées, ont écouté puis dialogué avec notre amix Alpheratz1.

Al a commencé par une introduction/exposé de 15 minutes avant qu’une série de questions/réponses durant 1h30 s’ensuive.
L’Econférence est consultable sur le site qu’al anime, enrichi de bibliographies ou références relatives aux personnes citées : https://www.alpheratz.fr/linguistique/econference-un-genre-neutre-binaire-ou-non-binaire/,

Voici quelques idées notées au cours de l’échange :

  1. Al affirme une posture de recherche et une volonté descriptive et propositionnelle, et non de « prescription » ou d’« hégémonie ». En ce sens, et même si les présupposés sont clairement établis, ses propositions sont perfectibles. De ce point de vue, une nouvelle version de sa grammaire est envisagée.
  2. Par exemple, un travail sur la forme qu’elles peuvent prendre pour être mieux perçues par les personnes dyslexiques l’intéresse grandement. Contact a été pris avec une association plutôt tournée vers les personnes adultes1.
  3. Al serait disponible pour une conférence filmée voir gesticulée, sous réserve que les aspects techniques et prestations complémentaires soient prises en charge par des tierces personnes.
  4. Al est vivement intéressæ par le développement des contacts avec la Francophonie notamment les réseaux LGBTI+ ou « amis » (exemple : Québec).
  5. Cela semble effectivement difficile d’avoir une action « d’apprentissage » du français inclusif dans la mesure où les ressources pédagogiques ou militantes sont limitées. Mais en multipliant la diffusion des idées et des liens et d’un peu de pratique, notamment en tant que langue “non-standard”, on pourrait accroître l’influence et aller vers de vraies séances « d’apprentissage », y compris en direction de jeunes (collégians, etc.). Plus généralement, la cible pourrait être une sensibilisation dans l’éducation nationale2.
  6. On peut utiliser Incluzor·e3comme application qui permet des translations d’écriture non inclusive en différentes écritures inclusives (binaires, non binaires…), sachant qu’elle est en cours de mise au point, donc susceptible de comporter des approximations ou erreurs qui en sortent.
  7. Le livre « grammaire de français inclusif » n’est pas (pas encore) achetable en version dématérialisée en ligne.

Annexes proposées par Vi-Vi

Encart : Qu’est-ce que le cis-tème ?

Cis = préfixe latin qui signifie respect des bordures, conformité – exemple : cisgenre ;

Trans = préfixe latin qui signifie au-delà, par-delà les frontières, mouvement, déplacement – exemple : transgenre.

Le cis-tème est organisé autour du monde cis-normatif, c’est-à-dire du monde où la norme est cisgenre : soit il faut être en conformité avec le genre assigné à la naissance, soit au mieux c’est la norme majoritaire qui s’applique, les transidentités étant « déviantes » ou au moins marginales.

Voir A bas le cis-tème – rencontres avec Sophie Labelle à Nantes le 24/10/2015 https://nantes.indymedia.org/events/32248

Il a été cité le terme employé par un sociologue québécois qui faisait référence à la « société hétéro-cis-sexiste », où les normes sont hétéro, cisgenres et la domination est masculine.

L’espéranto

L’analogie a été faite lors de la discussion.

L’espéranto, créée en 1887 par le Dr Zamenhof, est une langue construite internationale utilisée comme langue véhiculaire par des personnes provenant d’au moins 120 pays à travers le monde, y compris comme langue maternelle. N’étant la langue officielle d’aucun État, l’espéranto permet d’établir un pont neutre entre cultures.

Les principales sources sont, par importance décroissante : le latin et les langues romanes, les langues germaniques, y compris l’anglais, le grec ancien, surtout pour la terminologie scientifique, les langues slaves, et d’autres langues surtout des réalités culturelles spécifiques  (same, sanskrit, japonais, etc.)

Fondée sur une grammaire régulière sans exception, l’espéranto est une langue globalement agglutinante où les mots se combinent pour former un vocabulaire riche et précis à partir d’un nombre limité de racines lexicales et d’affixes.

Sa diffusion est soutenue par un réseau de militants regroupés dans de nombreuses associations.

Parmi les œuvres traduites, on trouve des ouvrages aussi divers que Le Petit Prince, la Bible, le Coran, le Manifeste du parti communiste, une biographie du peintre Camille Pissarro.

Issu de Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Espéranto

Apparemment l’espéranto reprend le masculin comme la norme d’où est dérivé le féminin, et en fait le neutre par défaut, comme en français standard.

1 https://www.alpheratz.fr/linguistique/genre-neutre/https://www.alpheratz.fr/

1 Deltadys groupe Facebook : https://www.facebook.com/groups/1775923892515922 – adulte dys : Pour toute info générale : kontactdelta@gmail.com

2 En lien avec le collectif queer education https://www.facebook.com/groups/2360108157584896/?ref=share ?

3 http://incluzore.fr/ IncluZor·e : réécriture inclusive des textes en ligne / La convertisseuse IncluZor·e réécrit automatiquement tout texte français de façon inclusive, de plusieurs manières, pour vous aider à éviter les discriminations genrées dans le langage.

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