La bisexualité existe. Ensemble, défendons-la !

Quelques idées-forces et pistes de travail suite à la table ronde  » accueil des bisexuel-le-s dans les associations « 

Quelques idées-forces et pistes de travail suite à la table ronde  » accueil des bisexuel-le-s dans les associations « .

19 juin 2013

Animation : le centre lgbt Paris Île-de-France et Bi’Cause.
Intervenants : Le MAG jeunes lgbt, SOS Homophobie, Contact, Flag ! et… la salle (près de trente personnes au total).
Excusé : Act-Up Paris

Un des problèmes centraux détectés lors des échanges est la double attirance, pourtant constitutive de cette orientation sexuelle : nombreux sont les gens qui n’arrivent pas à comprendre que l’on puisse « aller de l’un à l’autre », que ce soit en matière d’orientation sexuelle ou de genre.

Or, les premiers commentaires effectués à propos de l’enquête sur la bisexualité le montrent bien : la stigmatisation d’infidélité systématique, la crainte de ne pouvoir satisfaire la personne aimée bloquent souvent l’entrée en relation, suscitent des réactions de méfiance et de rejet ; or ces phénomènes ne sont en aucun cas l’apanage des bisexuel-le-s, surtout dans un contexte où la performance sexuelle est souvent le prisme (assez « connoté masculin ») social plutôt répandu.

La définition qu’en donne le manifeste des bisexuelles et bisexuels, adopté et publié par Bi’Cause, montre d’ailleurs que la simultanéité des relations avec les deux sexes n’est en aucun cas automatique.

Le « sentiment d’être au monde » que ce document cite invite à prendre en compte la personne et non une caractérisation plus ou moins fantasmée.

Dans ce cadre, accueillir du public potentiellement bisexuel peut passer par plusieurs aspects complémentaires :
1. la personne qu’on a en face de soi n’est pas forcément corrélée à une orientation sexuelle ; il est aisé de partir du présupposé qu’une femme sera sans doute lesbienne, et un homme probablement gay. En fait, la potentialité d’accueil des bi, surtout s’ils sont en demande, passe par une attitude ouverte en la matière, donnant toute la place nécessaire et ressentie à l’affectif par rapport au sexuel, permettant à la personne de se définir elle-même, y compris en tâtonnant le cas échéant – d’ailleurs, pour certain-e-s, se nommer « bi » n’est pas spontané ;
2. on peut de ce fait inciter les associations accueillant du public à constituer une base documentaire incluant t la bisexualité ; outre les associations bi, on constate que Contact inclut la thématique dans son titre de plaquette, en particulier parce qu’elle est confrontée au fait que la bisexualité déroute les parents qui ont déjà cheminé pour accepter l’homosexualité de leur enfant. Le MAG les jeunes lgbt a édité un dépliant spécifique sur cette orientation, et entend sortir un numéro spécial de sa gazette et augmenter le fonds de la bibliothèque et vidéothèque. Enfin, il faut décerner une mention spéciale au chapitre consacré à la biphobie dans le rapport 2012 de SOS Homophobie ;
3. les associations bi, mais aussi des référent-e-s bi dans des associations ayant un autre périmètre, peuvent intervenir voire co-construire les modules de formation des écoutant-e-s, notamment dans le sens évoqué ci-dessus ; l’objectif est bien de changer la représentation « spontanée » qu’on peut avoir de la bisexualité. De son côté, Flag ! peut inclure cette dimension dans les interventions déjà réalisées dans les écoles de police. Enfin, de façon plus complète que l’échelle de Kinsey, on peut également intégrer la grille de Klein, en ce qu’elle offre une large palette de modalités d’approche de la dimension de la personne.

L’articulation doit être faite avec la (possibilité de) place des bisexuel-le-s dans les associations « transversales », à commencer par celles qui ont intégré le centre lgbt. En gros, l’idée pourrait être la suivante : tout adhérent, toute adhérente qui souhaite, en petit comité ou largement, s’affirmer comme bisexuel-le doit pouvoir le faire, et tous les membres doivent savoir que cette possibilité est ouverte. Cela permettrait, notamment, le cas échéant, d’aider à se rendre visible et s’afficher bisexuel-le notamment dans le monde du travail.
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Cela peut passer par l’animation de débats internes sur cette thématique, y compris sur la base des outils mentionnés ci-dessus (mais aussi d’études telles que « le placard bi » ou « le miroir bisexuel »). Collecter la documentation à usage interne et partageable est également une piste de travail, qui peut être alimentée entre les associations les plus motivées, dans le but, pour reprendre l’expression émise « qu’il y ait des choses ou actions pour tout le monde ».
De son côté, Bi’Cause annonce qu’elle (re)lance une réflexion spécifique sur les questions de santé

En conclusion, un lien privilégié et permanent, avec des référent-e-s dans chacune de nos associations, pourrait être mis en place, en vue de mutualiser les avancées, les « bonnes pratiques » et les idées pertinentes.
La suite donnée à l’enquête sur la bisexualité y contribuera également.

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