TDoV 2019 – Communiqué de presse de Bi’Cause

Depuis 2009, le 31 mars est la Journée internationale de la visibilité trans

en anglais TDoV, « Transgender Day of Visibility ».

Communiqué de presse

C’est l’occasion pour Bi’Cause d’apporter son plein soutien à la cause de nos ami·e·s trans. Mais qui dit visibilité, dit : précision des définitions, autodétermination, respect des personnes. Et pour cela l’implication de tou·te·s (touz en écriture dé-genrée (1)) est nécessaire.
Le genre est un concept ni monolithique, ni figé, surtout il se décline par chaque personne. Il recouvre :

  • le genre assigné à la naissance – terme que nous préférons, et de loin, à « sexe de naissance », ou encore « sexe biologique » ! L’assignation est totalement binaire, se limitant aux, prétendument, deux seuls « sexes », masculin et féminin. En fait, le genre est un concept social (« on ne naît pas femme, on le devient », écrivait Simone de Beauvoir) ;
  • le genre d’expression, le « genre de tous les jours », qui d’ailleurs peut être multiple, et varier selon les circonstances, et ainsi se rapprocher de la « fluidité ».
  • le genre intime, dans lequel on se sent profondément à l’aise, conforme à soi-même ; nul doute que la société, à commencer par la cellule familiale, peut aussi avoir une influence…

Les personnes dont les genres intimes et d’expression sont conformes au genre assigné à la naissance sont cisgenres (cis). Les autres sont des personnes transgenres, ou trans. Elles peuvent être de genre féminin, masculin, non binaire (genre fluide, « genderqueer »…), ou agenre.

L’ensemble forme l’identité de genre. Elle est donc d’une très grande, voire d’une infinie variété.

Le reconnaître, le valoriser, faire évoluer les mentalités et les normes, veiller aux langages et affiner les discours jusque parmi nous, dans nos réunions, autour d’un verre… c’est un combat quotidien et fondamental ; c’est une démarche collective pour que chaque personne vive pleinement son identité de genre.

La société française – d’abord et avant tout les codes et lois, les règlements, les circulaires administratives ou internes qui la façonnent – est extrêmement normative : elle refuse le changement d’état-civil des personnes qui le souhaitent ; elle soumet les éventuels traitements à des protocoles médicaux normés et intrusifs ; encore maintenant, elle conditionne au pouvoir du juge la conformité de la vie sociale et de l’identité de genre. Par ailleurs, elle nie l’intersexuation et pratique encore des mutilations sur des enfants intersexes. C’est totalement abusif, cela génère mal-être, violences, engendre agressions, suicides et meurtres.

Par conséquent, Bi’Cause est attentive à l’inclusivité de toutes les approches des personnes concernées. Le principe en est l’auto-définition, l’auto-détermination de chacun·e : ce n’est pas au voisin, au médecin, à l’association Tartempion, au policier, au juge de décider qui chacun·e (chacan) est, ce qu’iel (al) ressent, ce qu’iel (al) exprime pour vivre au mieux.

Dépassons les clichés : toutes les personnes trans ne se définissent pas comme des « femmes dans un corps d’homme » (ou vice-versa), ne se reconnaissent pas dans un « parcours de transition » normé.
Ouvrons la parole aux personnes et associations concernées : laissons-les dire ce qu’elles préfèrent, comment elles souhaitent que les messages passent ; on a (parfois…) de très belles œuvres de créateur·rice·s (créataires) cis relatives ou mettant en scène la transidentité. Mais valorise-t-on assez celles issues d’artistes trans ? S’il faut en passer par une visibilité, une affirmation prioritaires des personnes trans, allons-y, fonçons !

« De quoi se mêle Bi’Cause » ? C’est vrai, ce n’est pas notre « cible » ; mais l’identité de genre, quasiment depuis la création de l’association, est pour nous un chantier ouvert, fait d’approfondissements successifs, d’expressions multiples. Dès la première version du Manifeste », en 2003, nous affirmions que les bisexuel·le·s (bisexuæls) étaient « attiré·e·s affectivement et sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre » (maintenant nous disons « de toute identité de genre »), démontrant par là que la définition « politique », militante (et non étymologique ou académique) de la bisexualité ne se résume pas à la binarité femmes/hommes !
Depuis le début, ou quasiment, Bi’Cause est concernée et participe aux marches de l’Existrans – en général le 3e samedi d’octobre pour les droits des personnes trans (« et intersexes » dorénavant) -, au TDoR – journée internationale du souvenir des personnes trans agressées et/ou assassinées, le 25 novembre.

Bi’Cause tient donc à s’exprimer pour ce 31 mars, journée du TDoV, invite à participer à toute initiative en région relative à cette journée, et à visiter le site que vient de mettre en place l’inter LGBT https://soutenonslespersonnestrans.inter-lgbt.org/

Ensemble, faisons avancer les droits des personnes trans et progresser toute la société.
Le 30 mars 2019

Pour tout contact, les co-porte-parole :
Vincent-Viktoria STROBEL 06 89 38 62 43
Valérie BAUD 06 84 19 08 76

(1)Voir grammaire de français inclusif Alpheratz 2018 éditions Vent Solars https://www.alpheratz.fr/linguistique/

Journée internationale de visibilité transgenre

Cet événement annuel a lieu le 31 mars et est consacré à la célébration des personnes transgenres et à la sensibilisation à la discrimination auxquelles font face les personnes transgenres du monde entier. Cette journée spéciale a été créée par la militante transgenre basée au Michigan6 Rachel Crandall, en 20097, en réaction au manque de journée de célébration LGBT consacrée aux personnes transgenres, en citant la frustration que la seule journée connue qui est consacrée aux personnes trans était la journée du souvenir trans qui rend hommage aux personnes transgenres ayant été victimes de crimes de haine, mais aucune journée n’était consacrée à la célébration des membres vivants de la communauté transgenre.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale_de_visibilit%C3%A9_transgenre